Mobilisations du 17 novembre et crise de régime/système

Mobilisations du 17 novembre et crise de régime/système

En ce début 2019, suite au dernier discours d’Emmanuel Macron (et aux péripéties surréalistes de l’Affaire Benalla…. soubresauts d’un Système/régime en fin de course ?) force est de reconnaître l’incapacité/l’entêtement au plus haut niveau des instances étatiques françaises à la non prise en compte, voire la volonté de l’occulter, du ras-le-bol de la majorité du peuple et de la réalité de la fracture territoriale, (zones péri-urbaines et rurales) fiscale et économique/sociale entre :

  • d’une part la majorité des classes dites moyennes (surtout basses et moyennes ), petits salaires, travailleurs pauvres, chômeurs longue durée, ouvriers, petits commerçants/ artisans/industriels/agriculteurs, fonctionnaires, travailleurs indépendants, travailleurs pauvres, professions libérales.. surtout, – et des « pauvres », (qui survivent de minimas sociaux)-,  celles et ceux, le plus grand nombre des citoyens  , dont le pouvoir d’achat diminue (alors que le coût de la vie augmente) sous l’effet des taxes et impôt divers, qui voient leur avenir s’assombrir, alors qu’ils travaillent, qui ont un emploi et veulent simplement vivre dignement de leur travail , mais qui ont un salaire  « de misère »,  la plèbe, ou le tiers-états s comme diraient certains…
  • et d’autre part les partis politiques français au pouvoir, les élites pseudo ou auto-proclamées, surtout parisiennes, les classes supérieures et les nantis, les hauts salaires des patrons et cadres de la hautes fonction publique, de certaines institutions ou des grandes entreprises du Cac 40, qui ne font que servir les grands groupes financiers et les trusts…

L’écart entre les salaires du bas et ceux du haut devient de plus en plus insupportable (un des plus importants de l’Union européennes) de même que la politique consistant toujours à ponctionner les petits salaires, les plus nombreux, pour compenser des dépenses publiques ou soi-disant publiques ( dans le sens de l’intérêt général !!) que l’Union Européenne et le standing de l’Etat imposent pour le grand bien des intérêts financiers internationaux et de celles et ceux qui les servent

Et en Corse ?

En Corse, devenue aujourd’hui, nolens volens une « petite France » au niveau fiscal, social/économique, et sociétal, (sur fond d’ententes plus ou moins diverses et variées d’une minorité qui s’enrichit tandis que la majorité est de plus en plus dans les difficultés de tous ordres, l’économie souterraine  produite par les activités délictueuses, dite « économie grise » se développe dangereusement), se caractérise aussi par une fracture territoriale qui se développe chez nous aussi (voir derniers chiffres INSEE, avec une implantation massive de personnes débarquées chez nous autour des grandes agglomérations, (littoral) tandis que le rural et les zones péri-urbaines, non littorales (la Corse profonde ??) devient un  désert économique et humain…

Demain

La crise débutée le 27 novembre a donc encore des beaux jours devant elle et les mobilisations continueront….. Nul ne sait quelles seront les conséquences de la situation actuelle, ( malgré les affirmations des « experts éclairés» en tout qui se succèdent sur les plateaux télévisés français ou les médias adeptes du politiquement correct et de l’art d’enfoncer les portes ouvertes, en service commandé) mais ce qui est sûr, c‘est que la majorité du peuple en a marre des gens (élus, responsables politiques, syndicaux ou institutionnels ou autres, qui se montrent de plus en plus hors-sol et coupés des réalités et souffrances quotidiennes du peuple..

Remake mai 68 ?

Alors un autre mai 68, avec d’autres protagonistes et d’autres rebondissements et conséquences ? Nul ne  le sait vraiment mais demain ne sera plus un long fleuve tranquille…  et des changements, en bien ou en mal se produiront inéluctablement, en France, et bien entendu en Corse aussi, car les responsables se situent à Bruxelles, (technocratie et banques..) et a Paris, depuis plusieurs dizaines d’années,  qui ne fait qu’appliquer une politique décidée désormais et imposée par Bruxelles.. et aussi parce que la Corse, du fait de la mondialisation, subit, au-delà de la politique coloniale imposée par l’Etat français à l’île depuis Pasquale Paoli, qui après s’être rallié à la Révolution française de 89 avait pris ses distances devant les excès engendrés par celle-ci alors, pour se tourner vers ce qu’il jugeait, alors,  “le régime le plus  démocratique” dans l’Europe de l’époque, et le plus apte à réconnaître et à donner une certaine place à la Nation corse en Europe, le régime parlementaire anglais…

Alors crise fiscale, puis sociale… bientôt ou déjà institutionnelle voire constitutionnelle.. des réformes sur ces plan-là s’imposeront tôt ou tard pour une sorte de crise… et peut-être alors la Corse, si ses décideurs en charge de l’avenir de notre île et de son peuple sont à la hauteur du défi, des évolutions en profondeur chez nous aussi, des changements  qui  pourront peut-être permettre à l’île de faire valoir enfin ses spécificités, son originalité, son identité et ses droits collectifs.. dans un autre cadre que celui qu’on subit aujourd’hui, à savoir « un peuple, une langue, une nation, une République une et indivisible », et une Europe qui, sous peine d’éclater devra être révolutionnée, pour ne plus être celle des états-nations qui décident de l’avenir de tant de peuples sans états, et ne fait que la politique économique voulue par les grands groupes financiers et les trusts..  .

Pierre Poggioli                                                      2 janvier 2019

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