A propos de Planète + et de sa Corsica Story, une histoire de la violence

Mercredi 17 avril 2013 :   Pierre Poggioli

  Planète + et sa Corsica Story, une histoire de la violence

J’ai accepté de participer à ce documentaire parce qu’Agnès Pizzini m’a contacté au nom de personnes avec lesquelles j’entretiens de bonnes relations.

Je lui ai expliqué que j’avais par le passé refusé de me prêter souvent à des documentaires pour diverses raisons de fond et de forme inhérentes à ce genre d’exercice….

Surtout je lui ai rappelé notamment ma mésaventure avec Génération FLNC du journaliste Gilles Perez. Celui-ci m’avait lui aussi contacté par l’intermédiaire d’amis communs. Je l’avais reçu, lui permettant même d’avoir un certain nombre de contacts pour son travail. Mais je lui avais dit que je ne souhaitais pas quant à moi participer à son document, estimant qu’il était encore trop tôt pour m’exprimer sur l’histoire de ces années-là, d’autant que les désastreux affrontements inter-nationalistes étaient encore trop récents. J’ai par la suite été plusieurs fois relancé par ce journaliste, mais chaque fois j’ai refusé et devant son insistance, j’ai été même contraint de l’envoyer carrément promener. Résultat, une triste vengeance dans son document puisque ce journaliste m’a présenté comme un militant d’extrême-droite, faisant parler plusieurs intervenants à charge contre moi.  Depuis, à ces attaques, je réponds simplement que son 2ème DVD fait un peu court et que l’opinion peut aujourd’hui voir ce que sont devenus mes détracteurs. Certains sont repentis et d’autres qui me critiquaient sur mon engagement « peu social » au sein du STC (moi qui suis à l’origine de sa création, malgré des oppositions surprenantes) sont maintenant même passés de l’autre côté de la barrière….De tous ceux qui me donnaient des leçons d’engagement nationaliste, du fait de mes critiques d’alors sur la lutte et la clandestinité, combien en reste-il au sein du mouvement nationaliste, « ayant jeté le bébé avec l’eau du bain » !

 J’avais donc insisté particulièrement auprès d’Agnès Pizzini sur le fait que ce qui m’intéressait c’était la situation d’aujourd’hui pour donner ma position sur les amalgames et les raccourcis actuels, sur fond de corsophobie, véhiculés dans les médias à propos de la situation dans l’île. Je souhaitais m’exprimer sur  la violence politique et surtout  la dérive mafieuse à propos de laquelle je venais juste de publier une lettre ouverte à Manuel Valls et Christiane Taubira …

Je ne savais même pas d’ailleurs que Jérôme Pierrat devait y participer et encore moins qu’il devait finalement avoir le principal rôle. Si je l’avais su, je pense d’ailleurs que ma participation aurait été plus difficile à avoir, son Blog sur le crime organisé m’ayant souvent donné la triste impression d’une grande méconnaissance de la criminalité dans l’île.

Au vu du résultat, je ne peux que  regretter d’avoir donné mon accord.  Au-delà des rabâchages « concernant l’histoire de la Corse, la 3ème partie sur la violence politique et la criminalité de droit commun,  sur ces vingt dernières années », qui aurait du être la plus importante, est tout juste survolée  et ne répondant guère  aux interrogations d’aujourd’hui des Corses et « amis de la Corse »..

Elle  m’intéressait en priorité et à ma grande surprise,  pas un mot de la longue interview sur le sujet que j’avais donnée n’y est retransmis. Elle a été  totalement occultée par rapport au sujet, n’apparaissant pas du tout.

Encore une fois, le refus de situer les responsabilités  de l’Etat et certains de ces services policiers dans les enchaînements de ces dernières années, ainsi que la volonté d’imposer un certain développement économique et social antinomique aux intérêts collectifs des Corses, au-delà de certaines responsabilités de notre société insulaire, obéit trop à un évident conformisme intellectuel et une recherche effrénée du politiquement correct avec lequel je ne suis pas d’accord.

Je regrette aussi qu’Agnès Pizzini n’ait pas eu plus de poids face à un Jérôme Pierrat « à la présence constante  et inutile », comme le dit Véronique Macon dans Téléobs.

Mercredi 17 avril 2013 :   Pierre Poggioli

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