Au-delà du sport et du SCBastia.. A problème politique, solution politique

Au-delà du sport et du SCBastia..

A problème politique, solution politique

La tension est loin d’être tombée en Corse après cette semaine qui a suivi les interpellations des supporters du SCB à Reims et surtout la blessure à vie infligée à Maxime par un tir de flashball.. Elle risque de se poursuivre après Università morta de ce vendredi suite à la condamnation sévère du jeune étudiant Rémy (interpellé à Corté lors de la 3ème soirée d’affrontements avec les forces de l’ordre) et la manifestation organisée par Bastia 1905 devant le Palais de justice est classée à risques…

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Ceux et celles qui ne verraient dans ces évènements qu’un problème de supporters ou de jeunes se trompent..

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Le mal est plus profond… et ces évènements ne sont que l’aspect visible des conséquences d’un désarroi d’une société corse en pleine mutation, impuissante et inquiète devant les évolutions économiques et sociales et sociétales imposées par la mondialisation et un modèle dominant de type colonial, où Paris veut continuer à imposer son tempo à l’île, sans tenir compte le moins du monde de nos réalités spécifiques et des aspirations des Corses sur leur terre…. laissant ainsi de façon arrogante et irresponsable peu de place aux décisions locales… D’où les révoltes aujourd’hui dont le sport n’est que le prétexte, car il ne s’agit en fait que de la partie visible de l’iceberg…

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Militantisme nationaliste, carrières professionnelles et répression

Militantisme nationaliste, carrières professionnelles et répression

Si l’on parle souvent, et à juste titre,  de la répression policière et judiciaire subie par les militants dont trop nombreux sont encore en prison ou recherchés, la répression en Corse peut aussi revêtir des aspects méconnus et émaner d’horizons parfois surprenants !

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Aujourd’hui, il est de bon ton de pointer du doigt les dérives de certains militants nationalistes ou ex-nationalistes qui ont “fait leurs affaires” pour discréditer la question nationale corse. Si certains, profitant des critiques justifiées parfois des dérives de la clandestinité et de l’action armée au fil des ans, n’hésitent pas ou n’ont pas hésité à jeter le bébé avec l’eau du bain, il est aussi de bon ton pour d’autres de se dire nationalistes sans même jamais avoir été au quotidien aux côtés des nationalistes sur le terrain (voir soirées devant les commissariats ou gendarmeries ou autres mobilisations dans la rue) se contentant de voter ou soutenir au mieux des listes nationalistes lors de certaines élections, l’objectif non avoué pour certains d’entre-eux étant surtout de voter contre x ou y des listes adverses, avec lesquels pourtant ils ont eu longtemps des affinités, ou tout simplement en fonction d’intérêts personnels ponctuels.

Aujourd’hui le militantisme a changé, au mieux a évolué diront certains, car contraint de s’adapter à la “nouvelle Corse”, quitte à jeter aux orties les principes et les fondements d’une lutte de 40 ans. C’est ainsi que petit à petit, la notion de conflit entre l’Etat français et la Corse s’estompe au profit d’une revendication revêtant les oripeaux d’une démarche souvent politicienne s’inspirant trop des pratiques de la droite et la gauche traditionnelles françaises que le mouvement national a toujours combattues, oubliant que l’objectif  était de détruire le système en place, colonial et claniste, pour créer les conditions d’une réelle émancipation du peuple corse en lui donnant les moyens de retrouver tous ses droits de peuple libre sur sa terre.

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Basta a ripressione : Pour une véritable solution politique au Pays basque

Pierre Poggioli                                                                         7 octobre 2015

Basta a ripressione : Pour une véritable solution politique au Pays basque

 Le Pays basque est depuis l’arrêt des armes d’octobre 2011 par l’ETA, engagé dans une démarche de sortie de conflit… mais ce processus de paix n’est pris en compte que par les abertzale alors que les Etats, français et espagnol, non seulement l’ignorent, mais multiplient les arrestations  au sein de la mouvance basque.

Après les arrestations entre-autres de militants ayant participé à l’annonce de l’arrêt de la lutte armée, et tout récemment de militants ayant participé à une video aux côtés de membres de la Commission Internationale de Vérification montrant le début du processus de démantèlement de ses arsenaux par l’ETA…  Ce mardi 6 octobre 2015, dernier coup aujourd’’hui porté au Processus de paix au Pays basque. Egoitz Urrutikoetxea, fils de Josu Urrutikoetxea, chef historique de l’ETA,  toujours en fuite, a été interpellé hier au nord de Paris, après une cavale de 12 ans, (sources  ministres français et espagnols de l’Intérieur).. Son père est dans la clandestinité depuis 2002. Dans l’après-midi, une des proches d’Egoitz, une militante nationaliste basque, a été interpellée en Haute-Garonne, sur la commune d’Aspet, sur délégation du parquet de Paris. Egoitz Urruticoecha, 41 ans, est le fils de Jose Antonio Urruticoechea Bengoechea – dit “Josu Ternera” – qui vit dans la clandestinité depuis 2002, ayant jusqu’ici à toute arrestation. “Josu Ternera” était  déjà considéré comme le N° 1 de l’ETA dans les années 1980. Son fils, lui-même en fuite depuis 2003, avait déjà été condamné en 1999 (à trois ans ferme), en 2001 (10 mois) et en 2007 et 2010, à deux fois quatre années d’emprisonnement pour des faits en lien avec l’organisation ETA”, (Communiqué conjoint des deux ministres). Recherché par les polices française et espagnole,il  était sous le coup de deux mandats d’arrêt.

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Quelques rappels : Du cessez-le-feu à l’arrêt de la lutte armée

Le 10 janv. 2011 (après l’annonce du 5 sept. 2010 et l’entretien de septembre au journal Gara sur son cessez-le-feu) ETA annonce une  «trêve permanente et générale» en réponse aux « personnalités de notoriété internationale et acteurs politiques et sociaux basques, qui ont défendu la nécessité d’offrir une solution juste et démocratique au conflit politique séculaire ….qui  arrivera par le biais d’un processus démocratique, avec pour référence majeure la volonté du Peuple basque, et le dialogue et la négociation comme outils pour y parvenir »…et doit aussi résoudre les thèmes de la territorialité et du droit à l’autodétermination, au cœur du conflit ». 

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Le Parquet refuse la libération de Pierre Paoli

Le Parquet refuse la libération de Petru Paoli, contre l’avis du juge d’instruction Alain Gaudino

Mercredi 15 juillet, le juge  Alain Gaudino en charge du dossier, prend une ordonnance de mise en liberté de Petru Paoli, avec assignation à résidence s et port d’un bracelet électronique. Il avait (une fois n’est pas coutume) demandé aux avocats de Pierre Paoli de déposer une demande de mise en liberté à la veille des vacances judiciaires.

Le Parquet a immédiatement fait appel de cette décision de mise en liberté. Le juge du Parquet usant d’une astuce juridique pour s’opposer à la décision de son confrère du Siège, Alain Gaudino. Il a aussitôt prononcé un référé-décision pour le garder en détention jusqu’à la décision de la Chambre d’Instruction  de la Cour d’Appel de Paris qui a siégé hier lundi 20 juillet à partir de 16 H (soit Cinq jours après !! )… Et ce alors que l’Appel visant l’ordonnance du juge Gaudino étant suspensif, Pierre Paoli aurait du être remis en liberté jusqu’à la décision de la chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Paris de ce lundi. La décision était attendue dans la nuit ou ce matin mardi…

Elle est finalement tombée ce matin avec le refus de mise en liberté de Petru Paoli.

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Depuis février, suite à une énième rafle dans la mouvance nationaliste, Pierre Paoli avait été incarcéré à la prison de Nanterre et deux autres militants Philippe Zani et Fernand Agostini, avaient été mis en examen dans le cadre du dossier des nuits bleues de 2012, revendiquées par le FLNC. En novembre 2013, suite à une autre rafle dans la mouvance nationaliste, trois hommes avaient déjà été mis en examen et incarcérés depuis dans la région parisienne.

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Bilan d’une énième rafle répressive en Corse

Bilan d’une énième rafle répressive dans l’île

Retour de Dumè Ferrari

Lundi 6 octobre, la justice anti-terroriste lâchait ses policiers et ses gendarmes pour une nouvelle rafle en Corse, et ce malgré un apaisement apparent de la situation politique cet été, depuis l’annonce d’arrêt de la lutte armée par le FLNC en juin dernier. Les opérations de police se soldaient par l’interpellation de 11 personnes dans la région d’Ajaccio, dont l’ancien bâtonnier Philippe Gatti, le Bâtonnier Dumè Ferrari (dont la sœur, propriétaire d’un box, qui l’avait loué à un tiers, où  avaient été trouvées des armes et des explosifs, ainsi que “d’autres “indices).

Ces interpellations faisaient suite à un attentat à la roquette contre la gendarmerie d’Ajaccio et au mitraillage la même nuit de la gendarmerie de Montesoru à Bastia il y a plusieurs mois, en riposte à une autre rafle organisée cette fois-ci par le Juge Gilbert Thiel dans le Valincu qui avait notamment conduit à l’incarcération de cinq personnes dont un militant Corsica Libera, Jean Pascal Cesari….

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